Donner 100 000 € à son enfant : ce que l’abattement permet vraiment

Un père et son fils adulte en discussion : préparer une donation en famille

100 000 €. Retenez ce chiffre : il ne veut pas dire ce que l'on croit.

Si vous envisagez de donner un jour un bien ou de l'argent à votre enfant, on vous a sûrement dit : « 100 000 € par enfant et par parent, c'est le maximum. » Cette idée fait passer à côté de bien plus.

Un abattement, pas un plafond

100 000 € n'est pas une limite. C'est un abattement : la part de ce que vous donnez qui ne supporte aucun droit. Il joue par parent et par enfant, et se reconstitue tous les quinze ans.

S'y ajoute le don familial de sommes d'argent : 31 865 € supplémentaires, exonérés, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que l'enfant soit majeur. Les deux se cumulent. Vous voilà à 131 865 € par parent et par enfant, en franchise totale de droits. Comment donner de l'argent à ses enfants, en pratique.

Au-delà, un barème progressif

Dépasser l'abattement n'est pas un mur. Les droits se calculent par tranches, et la première commence à 5 % (jusqu'à 8 072 €), puis 10 %, 15 %, avant d'atteindre 20 % pour l'essentiel des donations courantes. Loin de l'idée d'une taxation confiscatoire dès le premier euro au-delà.

Donner la nue-propriété, garder l'usufruit

C'est là que se trouve la vraie marge. Vous pouvez donner la nue-propriété d'un bien et en conserver l'usufruit : vous continuez à l'occuper ou à en percevoir les loyers.

Pour calculer les droits, l'administration ne retient pas la valeur du bien, mais une fraction fixée par votre âge (article 669 du Code général des impôts). Avant 61 ans, la nue-propriété vaut 50 % ; entre 61 et 70 ans, 60 %. Un bien de 200 000 € donné à 60 ans est donc évalué 100 000 € : il entre en totalité dans l'abattement. Et au décès de l'usufruitier, l'enfant devient plein propriétaire sans droits supplémentaires.

La valeur d'aujourd'hui, pas celle de demain

Les droits sont calculés sur la valeur du bien au jour de la donation. Tout ce que le bien prend ensuite — dix ans de marché immobilier, la croissance d'un placement — appartient déjà à votre enfant, hors de votre succession et sans droits de mutation supplémentaires.

Ce qu'il faut garder en tête

Donner tôt, c'est aussi donner de façon irrévocable. Trois points à examiner avant de signer : l'équilibre entre les enfants, que la donation-partage sécurise mieux qu'une donation simple ; les besoins que vous garderez, en particulier si vous donnez un bien de rapport ; et le calendrier, puisque l'abattement se reconstitue tous les quinze ans. Sur les donations entre parents et enfants et la transmission aux petits-enfants, l'étude a déjà détaillé les mécanismes.

Ces règles sont celles en vigueur aujourd'hui. Le projet de budget 2027 propose de les modifier temporairement — ce que prévoit le plan « Transmissions 2027 ».

100 000 €, ce n'est pas la limite de la loi. C'est la limite de ce qu'on vous a expliqué. La vraie question n'est pas combien vous pouvez donner, mais depuis combien de temps vous auriez pu commencer.

Une question sur ce sujet ?

L'étude vous reçoit à Lyon sur rendez-vous, au 04 72 77 89 77 ou par le formulaire de contact.

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